03 avril 2007
LES JOURS DE MON ABANDON (Elena Ferrante)
Olga, trente-huit ans, un mari, deux enfants. Un bel appartement à Turin, une vie faite de certitudes conjugales et de petits rituels domestiques. Quinze ans de mariage. Puis, un après-midi d'avril, une phrase de son mari met en pièces cette existence sereine et transforme Olga en femme abandonnée. Une femme rompue. Lâchée, brisée. Una poverella,comme cette voisine de son enfance napolitaine dont elle croit encore entendre les pleurs la nuit. Frappée de stupeur, Olga ne comprend rien au prétendu vide de sens de l'homme qu'elle a suivi à Turin, et pour qui elle a abandonné l'écriture. L'homme avec qui elle voulait vieillir est devenu l'homme qui ne veut plus d'elle. Olga n'existe plus. Ou seulement dans sa lente déchéance, dans cette descente aux enfers où la terre semble se dérober sous ses pieds, et les événements se liguer contre elle : un repas de réconciliation se termine dans le sang, son garçon tombe malade, le téléphone est coupé sans raison, le berger allemand agonise, sans doute empoisonné, puis la porte de l'appartement se bloque de l'intérieur et Olga se retrouve enfermée... Le livre d'Elena Ferrante nous projette littéralement dans l'intimité d'Olga et nous embarque pour un voyage aux frontières de la folie. Par la justesse de son ton et son rythme haletant, Les jours de mon abandon constitue une variation parfaitement maîtrisée et originale sur le thème de la femme abandonnée.
LA BATAILLE DE LA SOMME ( Alain Denizot)
En décembre 1915, le général Joffre et le général Haig décident pour le
1er juillet une grande offensive sur la Somme. Une fois la percée
effectuée, on l'exploitera, on l'élargira. L'objectif à plus long terme
est de reprendre les territoires du Nord occupés par les Allemands.
Las, le 21 février 1916, l'ennemi lance sur Verdun une attaque d'une
intensité totalement imprévue qui va complètement contrecarrer les
intentions de Joffre. La bataille de la Somme allait être pendant
quatre mois et demi une formidable guerre d'usure et de matériel (les
tanks sont utilisés pour la première fois), très meurtrière, dans une
boue épouvantable. Les pertes furent effroyables. Dans la seule journée
du 1er juillet 1916, sur 100 000 hommes engagés, les Anglais en
perdirent 60 000, dont 20 000 morts. Les Français perdirent en quatre
mois 136 000 hommes (environ 500 morts et 500 blessés par jour), contre
179 000 à Verdun. Et pourtant, dans notre mémoire, la Somme est un peu
oubliée. Il fallait rappeler ce que fut cette bataille trop souvent
occultée par Verdun, la Marne et le Chemin des Dames.

