Jeanne d'Arc: une manipulation d'Etat?

Jeanne d'Arc n'aurait jamais élevé de brebis dans un petit village lorrain. Elle n'aurait pas non plus répondu à des voies divines lui intimant l'ordre de rejoindre le Roi Charles VII  et d'aller bouter les Anglais hors de France.
Voici quelques-uns des contre-pieds pris par Marcel Gay et Roger Senzig dans "L'Affaire Jeanne d'Arc", une enquête fouillée sur la vie d'une des plus grandes figures de l'Histoire de France.
Pour les deux auteurs, revisiter la biographie de la libératrice d'Orléans, c'est aussi démêler les fils d'une manipulation d'Etat. En effet, acculée par l'avancée anglaise, la famille royale aurait instrumentalisé le destin de Jeanne d'Arc. L'objectif : fabriquer une "envoyée de Dieu" chargée d'unifier les troupes françaises et d'intimider les soldats anglais.
Mais ce n'est pas tout. En affirmant que "la libératrice d'Orléans" n'était pas morte en 1431, brûlée par les Anglais (elle se serait mariée en 1436), "L'Affaire Jeanne d'Arc" a déjà déclenché de nombreuses polémiques dans le cercle des historiens médiévistes.
Reporter à l'Est Républicain, Marcel Gay s'occupe plus spécifiquement des affaires judiciaires. Il a par exemple écrit en 1998 une grande enquête sur les notaires. Accompagné de Roger Senzig, paléographe et grand spécialiste de Jeanne d'Arc, il révèle dans "L'Affaire Jeanne d'Arc" le résultat de ses recherches.