403228630_LRémi Lagrange, son sac d'écolier sur le dos, pédalait de toutes ses forces contre le vent qui lui soufflait à la figure les premières gouttes de pluie. C'était un matin d'octobre 1948, sur la route de la Forge à Réverac-en-Périgord. Rémi avait quatorze ans et demi, il venait d'entrer dans la classe du brevet. Le brevet du nouveau programme, au nom inquiétant et barbare, BEPC, qui remplaçait le bon vieux brevet élémentaire. C'est bien ma chance, songeait-il, de passer en troisième juste pour essuyer les plâtres du nouvel examen ! Mais Rémi ne regrettait pas l'ancien brevet, tellement difficile. Et puis une époque merveilleuse commençait, sous le signe de l'Amérique, des avions à réaction et des soucoupes volantes, sans oublier la fin des restrictions et Cerdan champion du monde : un nouveau brevet pour les garçons et les filles qui verraient l'an 2000 - s'ils vivaient assez vieux -, ce n'était que justice. L'après-guerre, l'école publique contre l'école privée, la ferveur des profs d'antan... Michel Jeury donne une peinture juste et colorée d'un univers cher à la mémoire collective. Il décrit aussi, avec humour et poésie, les tourments sentimentaux de ses jeunes héros qui, à l'âge où les coeurs s'éprennent , n'accordent pas toujours l'attention qu'ils devraient aux joutes sans merci de l'algèbre et de l'orthographe...